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La pratique
Le seitei-iai

Dans un souci d’unification et afin de permettre à tous les pratiquants d’avoir une base commune, les experts de la Fédération Japonaise de Kendo (Zen-Nippon-Kendo-Renmei, ZNKR) ont développé les formes du Seitei-Iai (ou Iai ZNKR) qui comporte aujourd’hui 12 Kata inspirés de Kata de divers Koryu (Ecoles).

Ces Kata font l’objet d’une description détaillée dans des documents officiels de la ZNKR, et une mise à jour régulière est effectuée par une commission constituée d’experts des Koryu, qui apporte aux Kata les modifications jugées nécessaires.
Le nombre de Kata, longtemps resté à 10, est d’ailleurs passé à 12 en avril 2001.

L’étude des Kata du Seitei-Iai est indispensable pour les examens de passage de grade où généralement cinq Kata présentés sont choisis par le jury parmi ceux du Seitei-Iai ; pour les passages de grade à partir de 3e dan, trois seulement sont choisis parmi le Seitei-iai, le choix des deux derniers étant laissés à la discrétion des candidats dans ceux du Koryu qu’ils étudient.
En effet, à de très rares exceptions près les pratiquants de Iaido étudient un Koryu en plus du Seitei-Iai.

Musoshinden Ryu

C’est le koryu pratiqué à Chambéry.

Cette école comporte trois séries correspondant chacune à un niveau de maîtrise : Shoden, Chuden et Okuden, soit 46 kata au total.

On débute en général son enseignement après avoir acquis un peu d’aisance dans la réalisation de Seitei-iai, soit vers le 1er dan.
 

L’essentiel de la pratique du iaidō consiste en l’apprentissage et l’exécution de kata, séquences de mouvements précis, s’exécutant la plupart du temps seul et correspondant à un scénario. Certaines écoles proposent des séries de kata à deux.

Ces formes constituent autant de supports à l’enseignement et permettent la transmission de l’ensemble des techniques d’une école.
Les kata se composent à la base des quatre mêmes étapes :

    • dégainé et première coupe (nukitsuke ou nukiuchi) ;
    • coupe principale (kiri tsuke ou kiri oroshi) ;
    • nettoyage de la lame (chiburi) ;
    • rangement de la lame dans le fourreau (notō)

On distingue aussi une partie importante propre à de nombreux kata : furikabutte, l’action de « brandir le sabre ».

De nombreuses variantes, coupes, frappes d’estoc, frappes avec la poignée du sabre, sont ajoutés dans certains kata. Les kata démarrent soit debout (tachi iai), soit à genoux au sol (seiza), soit dans une position avec un seul genou au sol (tate hiza).

Ces kata doivent être « habités » par le pratiquant, et induisent des notions fondamentales propres à tous les budō :

    • zanshin : la vigilance active. Le ressenti, la perception de l’environnement ;
    • seme : la menace, construction de l’attitude exprimant la capacité de réaction instantanée ;
    • metsuke : le regard global, non focalisé, perception visuelle large ;
    • kokoro : le cœur, l’esprit, l’audace, l’honnêteté, la sincérité (terme difficilement traduisible).

L’entraînement au iaidō peut se qualifier de pratique "individuelle - collective".

Individuelle car sans partenaire direct, hormis dans la situation virtuelle du kata. Intellectuellement, c’est un travail approfondi sur la concentration.
Physiquement, sous des aspects souvent calmes, l’entraînement - surtout pour les départs en seiza (à genoux) ou tate hiza (un genou au sol, assis sur le talon de la même jambe) - fait intervenir des muscles puissants des jambes (fessiers, adducteurs, psoas iliaque, jumeaux, ischio-jambiers), gourmands en énergie, ainsi que toute la ceinture abdominale, ce qui demande de fournir un effort d’endurance et de puissance (force-vitesse).

Cette pratique bien menée ne provoque aucun traumatisme, et peut se poursuivre sans problème jusqu’à un âge avancé.

Collective, car un rythme et un déploiement collectif d’énergie, appelé ki awase, « porte » le pratiquant, bien au-delà du stade où il aurait arrêté s’il était seul.






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